Retour sur la table ronde organisée par ASSARVA le 22 janvier

Un public attentif et concerné : une grande chance pour les organisateurs et les intervenants ! Tel pourrait être le résumé de la table-ronde qui s’est déroulée samedi 21 janvier à Ville d’Avray. Dans la salle de cinéma du Colombier, quelque 70 personnes ont écouté et échangé pendant deux heures avec des passionnés de la cause des réfugiés. Jean-Claude Samouiller, vice-président d’Amnesty International France, qui a l’habitude de ce genre de rencontres, a salué la prouesse. “On ne réunit pas toujours autant de monde” a-t-il confié à la sortie. C’est à lui qu’est revenue la tâche de poser les bases de la discussion. Qui sont les migrants et parmi eux les demandeurs d’asile ? De quel pays viennent-ils ? Où sont-ils principalement installés ? Autant d’informations, présentées sous forme de graphiques, qui ont marqué les esprits. Deux chiffres à retenir parmi tant d’autres : les réfugiés représentent 10% de l’ensemble des migrants dans le monde, soit 25,4 millions de personnes (1). L’Europe accueille 2,7 millions d’entre eux ; 400 000 sont en France, soit, en pourcentage de la population de ces territoires, respectivement 0,53% et 0,62%.

L’Italie, la Grèce, l’Espagne à la peine

Deux chiffres qui disent tout. A titre de comparaison, 17% de la population libanaise est constituée de réfugiés et 7% de la population jordanienne. Jean-Claude Samouiller l’a rappelé : la très grosse majorité des migrants, qu’ils soient économiques (90%) ou réfugiés, vivent dans des pays limitrophes. Il est revenu sur les grandes lois qui régissent les principes de l’asile, insistant sur un principe fort : le droit des réfugiés est indépendant de la politique migratoire des pays. Dont acte. L’asile est bel et bien un principe inaliénable, qui figure d’ailleurs dans la Constitution française. Il est pourtant sans arrêt bafoué, notamment quand il s’agit de “mineurs isolés”, de refoulement, d’incapacité à respecter la réinstallation de personnes vulnérables. “L’absence de politique européenne est une catastrophe. On laisse l’Italie, la Grèce et l’Espagne se débrouiller seules” a repris le vice-président, rappelant les actions de plaidoyer menées par Amnesty International auprès de l’Union européenne.

Devenir bénévole à ASSARVA

Comme l’avaient prévu les organisateurs, les prises de parole sont allées du général – la situation dans le monde – au local. L’objectif: faire découvrir l’action d’ASSARVA et mobiliser. Pascal Rambaud, son président, a insisté : “Tout le monde peut être bénévole, tout le monde a des compétences à offrir et peut trouver quelques heures hebdomadaires ou mensuelles dans son emploi du temps”. Des propos confirmés par Jean-Baptiste Fouan, qui a reçu un réfugié syrien et un Afghan, pendant six  semaines, via la plateforme JRS-Welcome. Et par Annie Burkel, cofondatrice avec Valérie Perrier d’ASSARVA en 2015 et bénévole. Pour Jean-Baptiste Fouan, “cette règle de l’hospitalité fondée sur la confiance réciproque nous a permis d’être un maillon de la chaîne de l’accueil. Et ce fut formidable”. De son côté, Annie Burkel a souligné “une expérience humaine extraordinaire qui permet de surmonter ses peurs et de vivre la différence. Tout l’enjeu réside dans la juste distance à trouver entre accueillant et accueilli”.

Des accueillis 100% impliqués

Quant à Violaine Neto-Gameiro, elle a témoigné de l’envie si forte des réfugiés à s’impliquer dans un travail. Chargée de mission Insertion de l’Association Espaces basée à Chaville (92), la jeune femme a redit “l’implication à 100% des réfugiés que nous avons accompagnés à Espaces, leur courage, leur motivation. Beaucoup viennent de pays où le contact avec la nature est réel, quotidien, ce qui facilite leur adaptation dans notre structure d’entretien d’espaces verts. Ils ont vécu tant de difficultés, tant d’horreurs qu’ils veulent vivre et devenir autonomes.” Aider les accueillis à imaginer et retrouver un avenir, c’est tout le pari – réussi – d’ASSARVA. “Le malheur est lourd quand on est seul à le porter. Mais ASSARVA m’a ouvert la porte de l’espérance” a conclu Dominique X., passé par l’association il y a quelques années. Les larmes, alors, n’étaient pas loin chez celles et ceux qui l’ont écouté…

Nathalie Leenhardt, Journaliste et animatrice de la table ronde du 22 janvier

  1. Source : Amnesty International, chiffres de 2018.

de gauche à droite sur la photo : Pascal Rambaud, Violaine Nato-Gameiro, Annie Burkel, Jean-Baptiste Fouan, Nathalie Leenhardt et Jean-Claude Samouiller

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